Chapitre 2 Scène 2 Un Virus inconnu

5 janvier 2065, Londres, 9h. L’écran géant qui couvre la totalité de la surface du mur du salon de la famille Wilson projette la même image en boucle depuis le début de la matinée : une carte du monde constellée de points rouges clignotants. Londres, New York, Paris, Berlin, Madrid.

Emma Wilson tremble légèrement, les yeux fixés sur le visage grave de la journaliste dont la voix, mécaniquement, répète la même information.

— Les autorités sanitaires mondiales confirment l’apparition du virus SARS-CoV-52…

— Papa, maman, venez voir ! s’écrie Emma.

Sarah et James descendent précipitamment les escaliers. Sur l’écran, des images de laboratoires, de microscopes. La journaliste continue :

— …atteintes inédites détectées. Le virus atteint le système respiratoire, mais également le foie et le système neurologique…

Sarah porte une main à sa bouche. James rejoint Emma, le visage crispé.

— Ils ont fermé tous les aéroports et toutes les gares, les écoles aussi, ajoute Emma, la voix blanche. Tout le monde doit recevoir une dose d’ici la fin de la semaine.

— Ça recommence, murmura Sarah, d’une voix étouffée.

James serre Sarah et Emma contre lui. Son regard reste fixé sur l’écran. Les images changent à nouveau : longues files de civils masqués, convois militaires déployés dans des villes occidentales, drones diffusant des messages de confinement.

— Ils n’avaient jamais encore déployé des moyens militaires, remarqua-t-il.

Sarah hoche la tête. Elle observe les symboles sur les uniformes : un logo nouveau, inconnu, un œil stylisé encadré par « N » et « L ». Ce n’est ni l’OMS, ni l’ONU.

— Regarde ça, dit-elle en pointant du doigt l’écran mural. Tu as déjà vu ce symbole avant ?

Emma scrute l’écran, les sourcils froncés. — Pourquoi toutes les images viennent d’Europe et des États-Unis ? Où sont les autres pays ?

James s’éloigne, attrape son portable des années 2030, idéal pour les communications secrètes. Il active un VPN et tente d’accéder aux forums cryptés qu’il a parfois l’habitude de fréquenter. Tous bloqués. Censurés.

— Les canaux alternatifs sont HS. Tout est verrouillé, souffle-t-il.

Sur l’écran, un bandeau déroulant s’affiche : « Toute personne refusant l’injection sera transférée dans un centre de réhabilitation comportementale pour sa sécurité et son bien-être. »

Le visage d’Emma blêmit. — Transférée ? Papa, ils peuvent faire ça ?

James resta silencieux. Puis, enfin, il murmure :

— Ils sont en train de nous refaire le confinement Covid des années 2020, mais en version militarisée.

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