Chapitre 4 Scène 3 Un moment clandestin

— Du calme, c’est moi, murmura Alexeï en désactivant sa combinaison d’invisibilité. Ses yeux bleus, familiers malgré les années, la fixaient intensément.

— Mais comment tu… commença Maria, avant qu’Alexeï ne pose un doigt ganté en douceur sur ses lèvres.

Il plonge la main dans sa poche et en sort une gélule argentée. — Voilà notre clé pour entrer dans le système.

Maria examine la pilule, intriguée. — Comment ça marche ?

— Technologie de pointe, explique Alexeï à voix basse. Puis, avec un demi-sourire, il ajoute. — Tu te souviens de notre projet de sciences en terminale ? celui où on avait créé un minirobot qui devait infiltrer le système informatique du lycée ?

Maria sentit un tressaillement des muscles de son visage qui se transforma en un petit sourire complice. C’était une sensation étrange, après tant d’années d’impassibilité comportementale et émotionnelle.

— Comment l’oublier ? on avait fini en retenue tous les samedis pendant un mois.

Elle se rappelait les heures passées ensemble à travailler sur ce projet, les rires partagés, la complicité. C’était bien avant que le Nouveau Léviathan ne prenne le pouvoir, avant que les émotions ne deviennent un crime.

— Eh bien, disons que c’est une version très améliorée de notre vieux projet, continua Alexeï. Un virus bio-numérique. Une fois dans ton organisme, il se liera à tes cellules, invisible aux scanners. Et quand tu recevras ta prochaine dose de Neuro-Vaccin… — il s’infiltrera dans le réseau, indétectable complète Maria, impressionnée. Malin.

Les doigts d’Alexeï effleurent brièvement ceux de Maria. Il lui tend la gélule, provoquant un frisson qu’elle n’avait pas ressenti depuis des années.

Maria hoche la tête, le cœur battant. — OK, donne-la-moi.

Elle avale la gélule, sentant la capsule glisser dans sa gorge. Un frisson d’excitation mêlé d’appréhension la parcourt. — Bien, approuva Alexeï. Maintenant, retourne à l’intérieur avant qu’on ne remarque ton absence.

Il réactiva sa combinaison et disparut. Maria inspire profondément et s’engage dans l’ascenseur, l’esprit en ébullition, le souvenir de leur complicité passée ravivant des émotions longtemps enfouies.

Quand elle entre dans l’appartement, Ivan l’attend, le visage tendu par une crispation suspicieuse. Ses yeux gris scrutent Maria. — Alors ?

Maria hausse les épaules avec une décontraction feinte, — Une mise à jour de sécurité que j’ai dû déclencher manuellement. Rien de grave.

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