L’ouragan Perséphone dévie vers le nord avec une violence inattendue. Gonflé par l’évaporation extrême de la mer du Nord surchauffée et la fusion accélérée des calottes polaires qui s’effondrent jour après jour, le système météorologique monstrueux a généré un mur d’eau de quinze mètres qui balaye sans pitié les côtes densément peuplées des Pays-Bas.
Les digues d’Amsterdam, réputées pour leur ingéniosité et leur robustesse, cèdent sous la pression écrasante. La ville est engloutie sous les flots déchaînés. Le barrage de l’IJsselmeer est la première barrière à rompre, inondant les quartiers ouest de la capitale néerlandaise.
Les canaux pittoresques deviennent des torrents violents, emportant vélos, voitures et débris de maisons. Les maisons flottantes, sont emportées, ou bien écrasées contre les ponts.
Le Rijksmuseum, trésor de l’art néerlandais est à son tour dévasté. Des toiles de Rembrandt et de Vermeer flottent dans des sous-sols inondés.
Sur la Museumplein, l’eau boueuse atteint les bustes des statues. Les touristes et les résidents se réfugient sur le toit du musée Van Gogh, regardant la dévastation en contre-bas. Des hélicoptères militaires tentent des évacuations désespérées, mais les vent tournoyants et les débris rendent chaque manœuvre périlleuse.
— Évacuation prioritaire pour les enfants et les chercheurs ! Accès refusé aux civils non prioritaires ! crie un officier, repoussant une foule paniquée.
Dans le Jordaan l’eau s’engouffre dans les demeures historiques. Les alarmes incendie hurlent en boucle, inutiles face à l’envahissement aquatique. Des meubles, des livres, des cadavres flottent entre les façades brisées.
C’est au tour des quais de la gare centrale d’Amsterdam d’être submergés par le monstre liquide laissant apparaître d’autres victimes flottantes prises au piège de l’Ouragan. Dans les bâtiments historiques autrefois protégés par leur position élevée, l’eau infiltre chaque recoin, détruisant infrastructures et souvenirs.
Sur les places habituellement vivantes comme le Dam, la turbulence déchaînée balaye les terrasses de café, les étals des marchés.
Des bouches d’égout refoulent, déversant des rats, des détritus et des eaux usées à travers les rues submergées.
Une marée de gaz mortels se propage, un mélange suffocant d’algues putrides, de méthane, de carburant et de chair en décomposition. La tour Westerkerk tente en vail de résister, avant de s’effondrer et d’être aspirée dans les entrailles du monstre météorologique.
Des mégaphones grésillent des bateaux des garde-côtes, essayant vainement d’organiser un sauvetage dans ce chaos ténébreux. Au centre de la ville, le Palais Royal est une forteresse inondée, elle aussi submergée par la montée des eaux.
Amsterdam n’est plus qu’une immense zone urbaine dévastée. Le silence de ses musées et le vide de ses canaux sont remplacés par les cris des survivants et le bruit incessant des vagues, laissant place à un nouveau royaume pour les pilleurs et les désespérés.