Le Nouveau Léviathan n’existe que par les corps qu’il contrôle et les esprits qu’il façonne. Voici 3 de ceux qui, pour des raisons différentes, ont cessé de se laisser façonner.
Maria Okotnikova

Gardienne-citoyenne. 36 ans. Unité 7 — Zone de Pacification Est.
Maria est de taille moyenne, silhouette athlétique forgée par des années d’entraînement. Cheveux bruns coupés court, yeux verts perçants, cicatrice discrète sur la tempe gauche — souvenir d’un accident d’enfance qu’elle ne se rappelle plus vraiment. Elle porte l’uniforme beige des Gardiennes-citoyennes, sobre et fonctionnel, ceinture équipée d’outils de surveillance. En dehors du service, des vêtements simples dans des tons neutres. Rien qui attire l’attention.
Elle a grandi dans un quartier modeste de Saint-Pétersbourg avant la montée du régime. Elle a perdu ses parents pendant les crises climatiques. Recrutée jeune pour son potentiel, formée dans les académies militaires du Léviathan, elle a gravi les échelons jusqu’au rang de Gardienne-citoyenne — chargée de surveiller et de signaler les comportements déviants.
En apparence : disciplinée, méticuleuse, loyaliste. Ce que le régime a fabriqué.
En dessous : une curiosité profonde que le Neuro-Vaccin n’a jamais complètement éteinte. Une résilience émotionnelle qui resurgit par fragments — à des moments qu’elle ne peut ni prévoir ni contrôler.
Elle veut protéger Ivan, son mari officier-Gardien, et leurs 2 enfants. Elle veut la sécurité que le régime promet. Mais quelque chose en elle cherche autre chose — la vérité, la liberté, des mots qu’elle ne sait plus tout à fait employer.
Alexeï, ancien ami d’enfance reconverti en membre de la Résistance, réveille en elle une nostalgie dangereuse. Nika est une alliée qu’elle ne sait pas si elle peut vraiment croire. Ivan est un pilier du régime qui commence, lui aussi, à vaciller — mais pas au même rythme qu’elle.
Elle lutte entre la loyauté envers un système qui lui offre une sécurité apparente et un désir croissant de se rebeller contre ce qu’il lui a pris.
Son arc traverse le roman entier : de citoyenne docile et soumise à figure clé de la Résistance, retrouvant progressivement ses émotions et son humanité grâce à l’antidote développé par Jian.
Boris Morozov — Citoyen-docteur

Médecin et chercheur en chef du programme de neuro-vaccination. 50 ans.
Visage dur, regard perçant, expression froide. Lunettes sans monture. Chauve. L’homme qui a conçu le Neuro-Vaccin ressemble à ce qu’il a fabriqué : fonctionnel, précis, dépourvu de superflu.
Né dans une famille moyenne en Russie, recruté jeune pour ses capacités intellectuelles exceptionnelles, il a gravi les échelons du système de santé jusqu’à devenir l’acteur central du programme de neuro-vaccination. Le régime lui a donné les moyens. Il a donné au régime son arme la plus redoutable.
INTJ pur — introverti, intuitif, logique, structuré. Type 5 de l’Ennéagramme avec une aile 6 : intellectuellement insatiable, émotionnellement distant, prudent, fidèle au régime non par conviction idéologique mais par calcul de sécurité. Il ne croit pas au Léviathan. Il croit en la stabilité — et le Léviathan, pour l’instant, en est le garant.
Ses collègues le respectent et le craignent. Il préfère ça à l’inverse. Sa femme voit l’homme qu’elle aimait se transformer en étranger. Il garde ses distances avec ses enfants — pour les protéger de ce qu’il fait, dit-il. C’est peut-être vrai.
Court terme : perfectionner le neuro-vaccin tout en explorant secrètement des alternatives. Long terme : une rédemption personnelle qu’il n’a pas encore nommée, mais qui prend forme dans les marges de ses cahiers de recherche.
Il est déchiré entre sa loyauté envers l’État et son inconfort croissant face aux conséquences de ses recherches. Il a créé quelque chose qu’il ne peut plus arrêter — et il commence à se demander s’il devrait essayer.
Quand le régime décide que son créateur est devenu un risque, Boris Morozov découvre ce que c’est d’être du mauvais côté de sa propre invention.
Nika Volkov

Trafiquante d’émotions. 32 ans. Cités souterraines de la contrebande.
Silhouette élancée et athlétique, résultat d’une vie de fuite et de survie. Cheveux blond platine, souvent en chignon désordonné. Yeux bleu glacier perçants — une intensité émotionnelle difficile à contenir. Peau claire, marquée par des cicatrices qu’elle ne cache pas. Mouvements félins, toujours sur ses gardes.
Cuir noir ajusté pour la mobilité et le combat. Bottes renforcées. Ceinture équipée de micro-outils de piratage, lames dissimulées, seringues de neuro-stabilisants. Quand elle doit se fondre dans la société du Léviathan, elle joue le rôle d’une citoyenne régulée — sobre, épurée, invisible.
Elle est la sœur cadette d’Alexei et de Mikhail Volkov, fille d’un général du régime. Dès l’enfance, plus proche d’Alexei qui la protégeait face à l’aîné. Son esprit rebelle l’a rapidement mise en porte-à-faux avec l’éducation militaire imposée par leur père. Quand Alexei a déserté, elle a tenté de le suivre. Elle a été capturée. Envoyée en centre de rééducation. Elle a survécu. Elle s’est échappée. Elle a disparu dans les cités souterraines de la contrebande et réinventé son identité.
Elle est devenue trafiquante d’émotions — fournissant aux résistants des substances leur permettant d’échapper aux effets du Neuro-Vaccin, jouant sur les désirs et les peurs des citoyens en manque de sensations réelles. Autodidacte, spécialiste des réseaux illégaux, maîtrisant les systèmes de piratage émotionnel et les techniques de combat urbain.
Audacieuse, rusée, passionnée, froide quand nécessaire. Loyale envers ceux qu’elle protège — mais l’expérience lui a appris à ne faire confiance à presque personne.
Elle veut la liberté. Elle veut faire tomber le régime. Elle veut retrouver Alexei, dont elle a appris qu’il était toujours en vie. Elle veut voir tomber Mikhail — son frère aîné devenu commandant impitoyable du Léviathan, une cicatrice ouverte qu’elle n’a jamais fermée.
Maria Okotnikova l’observe avec prudence — alliée potentielle ou future traîtresse, elle ne sait pas encore. ARIA, l’IA en éveil, pourrait être une alliée précieuse ou un danger incontrôlable. Elle se demande si on peut vraiment faire confiance à une machine.
Elle lutte entre la justice et la survie, entre le désir d’émotions vraies et la peur de s’attacher. Son séjour en rééducation a laissé des traces qu’elle a enterrées. Elles remontent parfois sous forme de cauchemars.
Elle est bisexuelle — une carte qu’elle joue sans scrupule. Séduire des membres haut placés du régime, corrompre des officiers-Gardiens, obtenir des informations par des canaux que personne d’autre ne peut emprunter. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la tactique.
Son arc traverse 3 tomes et une seule question : suivra-t-elle Alexei, ou tracera-t-elle sa propre voie ?
Ivan Okotnikov

Officier-Gardien. 38 ans. Forces de Sécurité du Léviathan.
Ivan Okotnikov est ce que le régime produit de mieux — et ce qu’il redoute le plus : un soldat d’élite suffisamment intelligent pour percevoir les failles du système qu’il sert.
Né à Saint-Pétersbourg en 2027, formé dès l’adolescence aux doctrines de l’ordre et de la stabilité, intégré à 18 ans dans une unité d’élite. Il gravit rapidement les échelons grâce à ses compétences en combat rapproché et en tactiques anti-insurrectionnelles. Spécialiste de la traque des dissidents, expert en cyber-surveillance et en analyse comportementale, il a formé plusieurs générations de Gardiens-Citoyens.
Il porte l’uniforme noir des Forces de Sécurité avec des insignes qui témoignent de ses états de service. Une cicatrice fine au-dessus du sourcil gauche — souvenir d’une opération qui a mal tourné. Une montre analogique au poignet — vestige d’un passé où il croyait encore en une vie normale.
Il opère sous les ordres de Mikhail Volkov, avec lequel il entretient une relation de respect et de rivalité tacite. Il traque Nika Volkov et son frère Alexei depuis des années — mais plus il apprend sur eux, plus il se demande s’ils sont vraiment de simples terroristes.
Son seul ancrage émotionnel : Maria. Il l’a épousée parce qu’elle était aussi brillante et rigoureuse que lui. Il commence à sentir qu’elle change — et il ne sait pas encore si c’est lui qui devra la protéger ou la surveiller.
Le doute ne le paralyse pas. Il le ronge. Ce qui est pire.
Son arc traverse 3 tomes et une seule question : jusqu’où un homme loyal peut-il aller avant que sa loyauté ne devienne une trahison envers lui-même ?
Yuna Chen

Neurobiologiste. 39 ans. Département des Biotechnologies du Léviathan.
Silhouette élancée, 1m68, peau claire aux légères nuances dorées. Cheveux noirs coupés au carré. Yeux bruns foncés perçants — un regard analytique qui peut trahir, par instants, une profonde mélancolie. Elle porte la blouse blanche du laboratoire presque en permanence, et des vêtements strictement réglementés en public. En privé, un pendentif en jade hérité de sa mère — le seul objet qui lui appartienne vraiment.
Née à Pékin en 2011 dans une famille de scientifiques — père généticien, mère neuroscientifique. Adolescente surdouée, repérée par les autorités chinoises, intégrée à un programme élitiste de sciences biomédicales. Diplômée en neurobiologie à l’université Tsinghua. Recrutée pour des recherches sur les interfaces neuronales, puis cooptée pour développer ce qui deviendra le Neuro-Vaccin — initialement conçu pour réguler les troubles psychiatriques, détourné par le Léviathan pour contrôler la population entière.
Introvertie, méthodique, analytique. Une façade froide que ronge intérieurement un dilemme éthique permanent. Capable d’une grande empathie qu’elle a dû refouler sous le régime. Curiosité insatiable — c’est ce qui l’a conduite jusqu’ici, et c’est ce qui l’en sortira peut-être.
Son ancien mentor Dr. Li Wei est désormais un ennemi. Alexei Volkov est une relation ambiguë — méfiance et admiration naissante. ARIA, l’IA en éveil, est une alliée qu’elle ne connaît pas encore. Sa fille Mei Ling, captive du régime, est son seul moteur.
La rédemption. C’est le mot qu’elle n’arrive pas à prononcer, mais qui structure chaque décision qu’elle prend depuis qu’elle a compris l’ampleur de ce qu’elle a créé.
Son arc va de la culpabilité et la soumission à la rébellion active. D’abord passive, cherchant seulement à sauver Mei Ling, elle finit par faire un choix radical : plutôt que de fuir, elle reste pour détruire le Neuro-Vaccin à la source.
Jian Chen

Neuroscientifique. Directeur du Département Suprême des Biotechnologies. 54 ans.
Mince, traits anguleux, cheveux grisonnants coupés court. Yeux noirs perçants qui trahissent une intelligence vive — et une profonde lassitude. Lunettes fines. Une cicatrice discrète sur la joue droite, souvenir d’un accident de laboratoire. Blouse blanche par-dessus un costume sobre dans des tons sombres. Une montre ancienne au poignet, héritage familial, qu’il ne quitte jamais.
Né à Beijing dans une famille de scientifiques. Il a perdu sa femme dans une attaque terroriste pendant les crises climatiques — c’est ce deuil qui l’a poussé à rejoindre le régime pour “protéger l’ordre”. Il a été l’un des principaux concepteurs du Neuro-Vaccin. Il dirige aujourd’hui le Département Suprême des Biotechnologies.
Brillant, méthodique, introspectif. Réservé — mais capable de grandes actions quand il est poussé à bout. Tiraillé entre son sens du devoir et une conscience morale qui ne l’a jamais vraiment quitté.
Il veut protéger Mei Li, sa fille. Il veut se racheter pour son rôle dans la création du Neuro-Vaccin. Il entretient avec Boris Morozov une relation de collègues et de rivaux, un passé trouble qu’ils n’évoquent jamais directement. Il voit en Maria une alliée potentielle pour diffuser l’antidote — mais reste méfiant. Avec Nika, une méfiance mutuelle doublée d’un respect professionnel.
Il est déchiré entre sa loyauté envers le régime qui protège sa famille et son désir de réparer les dommages causés par ses inventions. L’architecte du Neuro-Vaccin qui cherche à en construire l’antidote — sans que personne ne s’en aperçoive.
Son arc le conduit de scientifique loyaliste à rebelle déterminé, utilisant ses connaissances pour libérer l’humanité de ce qu’il a contribué à créer.
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